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J-K Huysmans

 
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Auteur Message
Ladymeredith
Le Péril Jaune

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Inscrit le: 14 Fév 2011
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MessagePosté le: Lun 27 Fév 2012 - 22:47    Sujet du message: J-K Huysmans Répondre en citant

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Bon, je vais encore être "remontée" dans le bon post... Mais j'avais envie de parler de Huysmans et je n'ai pas trouvé de préalable... Pardonnez-moi s'il existe déjà un sujet sur cet auteur merveilleux.
Huysmans est un écrivain méconnu mais admirable, un génie de la langue incompris ou mal compris... et c'est TRES dommage.
Son parcours est atypique, grisant: de naturaliste à décadent, de sataniste à écrivain catholique... WOW quels itinéraires tourmentés, quelles quêtes absolues, métaphysique et surtout... quel talent!!!
A rebours est un bijou, un ovni de la littérature française, le personnage de Des Esseintes : le seul roman où il ne se passe rien mais qu'on dévore par pur plaisir esthétique, voire érotique.

Bref, je suis inconditionnelle. connaissez-vous? Aimez-vous?
Je connais quelqu'un ici qui pourra alimenter mon post avec enthousiasme mais tous les autres???
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La parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles.
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le croc blanc de konoha
A&J Tour

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MessagePosté le: Mar 28 Fév 2012 - 15:49    Sujet du message: J-K Huysmans Répondre en citant

Je ne connais(sais) pas du tout cet auteur.
Ma foi, ça peut être intéressant, surtout en ce moment où je lis (envie, du moins) des trucs de ce genre, où il ne se passe pas grand chose mais auquel on adhère (Miller, Bukowski...)

A voir, si je trouve un livre en occasion, et je donnerais mon avis. Okay
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Ladymeredith
Le Péril Jaune

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MessagePosté le: Mar 28 Fév 2012 - 22:15    Sujet du message: J-K Huysmans Répondre en citant

Je te conseille de commencer par Là-bas... plus captivant que A Rebours pour s'initier... en livre de poche, ça ne coûte pas très cher et je pense que tu pourras apprécier! Wink
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Pinkwater14
Le Péril Jaune

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MessagePosté le: Mer 29 Fév 2012 - 20:31    Sujet du message: J-K Huysmans Répondre en citant

Cet auteur me dit quelque chose car dans le livre d'Oscar Wilde "le portrait de Dorian gray" ils en parle donc a voir je cherche un bouquin pour mes prochaines lecture donc je verrais bien.
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L'expérience est le nom que chacun donne a ses erreurs. (Oscar Wilde)
Make love, your goal.

"Tes yeux dissolvent les cométes qui me traversent une a une au travers de la téte"
...
Maintenant qu'on a l'age de tout comprendre
De détester tout ce qu'on a pu m'apprendre
On reste incompris
...
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Unita
Administratrice

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Messages: 20 250
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Âge: 29

MessagePosté le: Ven 2 Mar 2012 - 01:13    Sujet du message: J-K Huysmans Répondre en citant

Tu pourrais nous faire partager un passage qui t'a captivée...?
_________________
"Et si c’est un crayon, oui, contre la mitraille
Alors que le papier soit le champ de bataille
Que nos plumes à jamais gardent toujours leur livre
Qu’il est plus important d’être debout que de vivre

Ils peuvent assassiner nos corps mais pas nos âmes
Le souffle du néant n’éteindra pas la flamme
Tous les gamins du monde, charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage, ô Liberté!


[Saez]
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Ladymeredith
Le Péril Jaune

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MessagePosté le: Ven 2 Mar 2012 - 22:14    Sujet du message: J-K Huysmans Répondre en citant

Avec plaisir Unita...
C'est un peu spécial mais c'est un passage d'A Rebours que j'aime particulièrement et pour la beauté de la langue et pour l'originalité du traitement qu'il fait de la syphilis. C'est un peu long, mais je vous laisse juger Wink et me faire part de vos impressions. Je vous donnerai les miennes en suivant!



Il se trouvait, au milieu d’une allée, en plein bois, au crépuscule ; il marchait à côté d’une femme qu’il n’avait jamais ni connue, ni vue ; elle était efflanquée, avait des cheveux filasse, une face de bouledogue, des points de son sur les joues, des dents de travers lancées en avant sous un nez camus. Elle portait un tablier blanc de bonne, un long fichu écartelé en buffleterie sur la poitrine, des demi-bottes de soldat prussien, un bonnet noir orné de ruches et garni d’un chou.
Elle avait l’air d’une foraine, l’apparence d’une saltimbanque de foire.
Il se demanda quelle était cette femme qu’il sentait entrée, implantée depuis longtemps déjà dans son intimité et dans sa vie ; il cherchait en vain son origine, son nom, son métier, sa raison d’être ; aucun souvenir ne lui revenait de cette liaison inexplicable et pourtant certaine.
Il scrutait encore sa mémoire, lorsque soudain une étrange figure parut devant eux, à cheval, trotta pendant une minute et se retourna sur sa selle.
Alors, son sang ne fit qu’un tour et il resta cloué, par l’horreur, sur place. Cette figure ambiguë, sans sexe, était verte et elle ouvrait dans des paupières violettes, des yeux d’un bleu clair et froid, terribles ; des boutons entouraient sa bouche ; des bras extraordinairement maigres, des bras de squelette, nus jusqu’aux coudes, sortaient de manches en haillons, tremblaient de fièvre, et les cuisses décharnées grelottaient dans des bottes à chaudron, trop larges.
L’affreux regard s’attachait à des Esseintes, le pénétrait, le glaçait jusqu’aux moelles ; plus affolée encore, la femme bouledogue se serra contre lui et hurla à la mort, la tête renversée sur son cou roide.
Et aussitôt il comprit le sens de l’épouvantable vision. Il avait devant les yeux l’image de la Grande Vérole.
Talonné par la peur, hors de lui, il enfila un sentier de traverse, gagna, à toutes jambes, un pavillon qui se dressait parmi de faux ébéniers, à gauche ; là, il se laissa tomber sur une chaise, dans un couloir.
Après quelques instants, alors qu’il commençait à reprendre haleine, des sanglots lui avaient fait lever la tête ; la femme bouledogue était devant lui ; et, lamentable et grotesque, elle pleurait à chaudes larmes, disant qu’elle avait perdu ses dents pendant la fuite, tirant de la poche de son tablier de bonne, des pipes en terre, les cassant et s’enfonçant des morceaux de tuyaux blancs dans les trous de ses gencives.
— Ah ! çà, mais elle est absurde, se disait des Esseintes : jamais ces tuyaux ne pourront tenir — et, en effet, tous coulaient de la mâchoire, les uns après les autres.
À ce moment, le galop d’un cheval s’approcha. Une effroyable terreur poigna des Esseintes ; ses jambes se dérobèrent ; le galop se précipitait ; le désespoir le releva comme d’un coup de fouet ; il se jeta sur la femme qui piétinait maintenant les fourneaux des pipes, la supplia de se taire, de ne pas les dénoncer par le bruit de ses bottes. Elle se débattait, il l’entraîna au fond du corridor, l’étranglant pour l’empêcher de crier ; il aperçut, tout à coup, une porte d’estaminet, à persiennes peintes en vert, sans loquet, la poussa, prit son élan et s’arrêta.
Devant lui, au milieu d’une vaste clairière, d’immenses et blancs pierrots faisaient des sauts de lapins, dans des rayons de lune.
Des larmes de découragement lui montèrent aux yeux ; jamais, non, jamais il ne pourrait franchir le seuil de la porte — Je serais écrasé, pensait-il, — et, comme pour justifier ses craintes, la série des pierrots immenses se multipliait ; leurs culbutes emplissaient maintenant tout l’horizon, tout le ciel qu’ils cognaient alternativement, avec leurs pieds et avec leurs têtes.
Alors les pas du cheval s’arrêtèrent. Il était là, derrière une lucarne ronde, dans le couloir ; plus mort que vif, des Esseintes se retourna, vit par l’œil-de-bœuf des oreilles droites, des dents jaunes, des naseaux soufflant deux jets de vapeur qui puaient le phénol.
Il s’affaissa, renonçant à la lutte, à la fuite ; il ferma les yeux pour ne pas apercevoir l’affreux regard de la Syphilis qui pesait sur lui, au travers du mur, qu’il croisait quand même sous ses paupières closes, qu’il sentait glisser sur son échine moite, sur son corps dont les poils se hérissaient dans des mares de sueur froide. Il s’attendait à tout, espérait même pour en finir le coup de grâce ; un siècle, qui dura sans doute une minute, s’écoula ; il rouvrit, en frissonnant, les yeux. Tout s’était évanoui ; sans transition, ainsi que par un changement à vue, par un truc de décor, un paysage minéral atroce fuyait au loin, un paysage blafard, désert, raviné, mort ; une lumière éclairait ce site désolé, une lumière tranquille, blanche, rappelant les lueurs du phosphore dissous dans l’huile.
Sur le sol quelque chose remua qui devint une femme très pâle, nue, les jambes moulées dans des bas de soie verts.
Il la contempla curieusement ; semblables à des crins crespelés par des fers trop chauds, ses cheveux frisaient, en se cassant du bout ; des urnes de Népenthès pendaient à ses oreilles ; des tons de veau cuit brillaient dans ses narines entr'ouvertes. Les yeux pâmés, elle l’appela tout bas.
Il n’eut pas le temps de répondre, car déjà la femme changeait ; des couleurs flamboyantes passaient dans ses prunelles ; ses lèvres se teignaient du rouge furieux des Anthurium ; les boutons de ses seins éclataient, vernis tels que deux gousses de piment rouge.
Une soudaine intuition lui vint : c’est la Fleur, se dit-il ; et la manie raisonnante persista dans le cauchemar, dériva de même que pendant la journée de la végétation sur le Virus.
Alors il observa l’effrayante irritation des seins et de la bouche, découvrit sur la peau du corps des macules de bistre et de cuivre, recula, égaré ; mais l’œil de la femme le fascinait et il avançait lentement, essayant de s’enfoncer les talons dans la terre pour ne pas marcher, se laissant choir, se relevant quand même pour aller vers elle ; il la touchait presque lorsque de noirs Amorphophallus jaillirent de toutes parts, s’élancèrent vers ce ventre qui se soulevait et s’abaissait comme une mer. Il les avait écartés, repoussés, éprouvant un dégoût sans borne à voir grouiller entre ses doigts ces tiges tièdes et fermes ; puis subitement, les odieuses plantes avaient disparu et deux bras cherchaient à l’enlacer ; une épouvantable angoisse lui fit sonner le cœur à grands coups, car les yeux, les affreux yeux de la femme étaient devenus d’un bleu clair et froid, terribles. Il fit un effort surhumain pour se dégager de ses étreintes, mais d’un geste irrésistible, elle le retint, le saisit et, hagard, il vit s’épanouir sous les cuisses à l’air, le farouche Nidularium qui bâillait, en saignant, dans des lames de sabre.
Il frôlait avec son corps la hideuse blessure de cette plante ; il se sentit mourir, s’éveilla dans un sursaut, suffoqué, glacé, fou de peur, soupirant : — Ah ! ce n’est, Dieu merci, qu’un rêve.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 01:33    Sujet du message: J-K Huysmans

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