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Lars von Trier

 
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Hell-or-Heaven
Le Péril Jaune

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MessagePosté le: Dim 10 Juin 2012 - 15:19    Sujet du message: Lars von Trier Répondre en citant

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Bonjour à toutes et à tous.

Alors, déjà, mis à part le fait que cet acteur-scénariste-réalisateur soit né en 1956, je ne fais pas faire un résumé de sa vie, pour cela il y a Wikipédia ou Allociné par exemple. Non, moi je veux parler de son œuvre. En fait, de lui je n'ai vu que deux films, c'est assez peu, ses deux derniers, mais malgré tout j'ai pu découvrir son cinéma, son univers particulier et le sublime qu'il exprime, mi-horreur mi-magnificence. Je crois qu'en France, il est assez peu connu et entendre une ou deux fois son nom n'aide pas forcément, on ne le retient pas ou rarement du premier coup. Malgré tout, il fait parler de lui !

Déjà, il a eut beaucoup de nominations ou de récompenses lors de festivals divers, et pas des moindres. Pour le petit listing, en 2000 il a eut simultanément la Palme d'Or pour le film "Dancer in the dark" et la récompense pour la meilleure performance féminine à Cannes pour l'actrice Bjork (je ne parle que de Cannes, pas du reste du monde). En 2009 il permet à Charlotte Gainsbourg d'être récompensée pour son rôle dans "Antichrist". Et enfin en 2011 pour son actuel dernier film c'est Kirsten Dunst qui obtient la même chose. Il fait fort avec ces actrices... Dans le même temps, monsieur réussit à être déclaré "persona non grata" à Cannes (autrement dit il a été banni) pour avoir tenu des propos disons... controversé, sur l'esthétisme nazi. Mais il ne s'en souci pas tant que ça malgré tout.

-  "Antichrist" on a pu en entendre parler, sans doute l'un de ces films les plus sulfureux, pour parler avec des mots faibles. Dedans, Charlotte Gainsbourg interprète une femme qui pète les plombs après la mort de son enfant et qui fait une dépression. Avec son mari, ils partent s'exiler à "Eden", un chalet perdu au milieu des bois, pendant quelques temps. Et là tout va mal, et cela se termine par la mort de l'un des deux protagonistes. Elle est horrible, ici, Charlotte Gainsbourg. Elle tient le rôle d'une hystérique nymphomane qui en veut au monde entier pour ce qu'elle est. Et elle y va...

Lars von Trier utilise sans retenue des scènes sexuelles largement explicites jouées par des acteurs du porno professionnels et divise son film en quatre actes qui signent une descente aux enfers et annoncent d'entrée de jeu la catastrophe. Le film a été critiqué, hué, et à toutes ces remarques le réalisateur a répliqué qu'il se considérait comme "le plus grand réalisateur vivant". Rien que ça. En tout cas malgré l'extrême violence et la quasi-pornographie qu'il montre, ce film vaut la peine d'être vu, ne serait-ce que pour la performance assez remarquable de Gainsbourg qui suit les traces de son père dans le domaine de la provocation, et qui y réussit à merveille (mais il ne faut pas non plus oublier son mari, interprété par Wilem Dafoe, le Bouffon Vert de "Spiderman").

-  Plus récent, son dernier film daté de 2011 aborde lui-aussi des thèmes de dépression, de couple qui part en vrille, de fin du monde intérieure ou extérieure, et utilise les mêmes notes de sexualité et de choc, mais de manière bien plus modérée. Et je pense qu'il y a gagné, car il devient plus abordable auprès du grand public. Ce film en question s'appelle "Melancholia" et d'entrée de jeu avec ce titre il fait preuve de finesse et de références qui annoncent la suite (la gravure "Melencolia" de Durer montre une femme (un ange), que la mélancolie a fait devenir un génie, mais qui malgré toutes les connaissances engrangées s'ennuie ; le paradoxe de la "bile noire" (étymologie grecque du mot mélancolie) dans tout ce qu'il a de plus vrai). Voilà.

Ce film débute par des tableaux, des images fixent puis très, très lentement animées, comme on peut le voir dans le prologue d' "Antichrist", qui lui donnent une dimension de chef-d'oeuvre de l'esthétique. D'une durée de 7 ou 8 minutes, ce prologue montre des images de la fin du film qu'on ne comprend pas toujours du premier coup. Sinon, il raconte l'histoire de deux soeurs, Justine (Kirsten Dunts) et Claire (Charlotte Gainsbourg, encore) à travers deux chapitres portant les noms respectifs cités précédemment. La première se marie mais se débrouille pour tout gâcher avec sa mélancolie et tombe en profonde dépression. On apprend qu'une planète errante nommée Melancholia va passer près de la Terre sans la toucher, planète remarquée tardivement car elle était cachée par le Soleil. La deuxième partie montre les réactions des gens face à cette immense planète bleue qui approche. Claire est en proie à une peur certaine, son mari se plonge dans la certitude rassurante de la science qui dit que la planète ne touchera pas la Terre, et Justine, lucide (lucidité accordée par sa mélancolie, même idée que dans la gravure de Durer), sait que la fin du monde est proche.

Bon, je m'arrête là pour les révélations à propos du film, néanmoins je dirai juste qu'au niveau des images, il peut largement concurrencer la Palme d'Or de son année de sortie, "The Tree of Life" de Terrence Malick. En tapant "Melancholia" sur Google, peut-être trouverez-vous quelques plans d'un jardin sombre éclairé par les lumières de la Lune et de la planète Melancholia... En tout cas, quoique je ne m'estime pas expert en la matière, loin de là, je peux vous assurer que ce film fut pour moi un choc, vraiment, positivement. Une merveille. Ce n'est pas un film catastrophe mou, mais plus une fable philosophique et la dualité qu'il exprime de se voit pas seulement dans l'opposition Terre-Melancholia. Non, il est bien plus fort que cela et la profondeur philosophique de ce film est grandiose. Je vous le conseille vivement et sans modération, mais ne vous attendez pas à un film d'action au rythme effréné, il est lent mais parlant en même temps. Superbe, ou plutôt sublime =)

Ici, les scènes sont bien moins violentes et sexuellement explicites que dans le précédent, donc moins choquantes et moins nombreuses. A l'inverse, dans le prochain film de Lars von Trier, prévu pour dans peu de temps, toujours avec Charlotte Gainsbourg en vedette, nommé "Nymphomaniac" s'annonce plutôt hard... A voir je dirai... Bref. Je crois m'arrêter là pour l'instant. Si quelqu'un connaît un peu Lars von Trier, son oeuvre, etc., et bien je l'invite vivement à partager ici ce qu'il sait pour agrandir un peu le sujet.

Sur ce, bon après-midi à tout le monde et merci d'avoir prit le temps de me lire jusqu'au bout. ^^
  

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Hell-or-Heaven
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MessagePosté le: Dim 10 Juin 2012 - 15:53    Sujet du message: Lars von Trier Répondre en citant

Veuillez m'excuser pour le double-post, mais je viens de me décider à poster de moi-même quelques images des deux films dont je parle dans mon message précédent. Ainsi, même pas besoin de chercher sur Google !

Alors déjà, l'affiche la plus connue d' "Antichrist". Je pense que d'autres images pourraient être trouvées mais là je ne vois pas lesquels et j'ai bien peur de m'attirer les foudres des administrateurs en choquant un public trop jeune si je vais plus loin que la présente image, déjà bien assez évocatrice et se suffisant à elle-même ^^
 



Ensuite, l'affiche de "Melancholia" qui présente l'actrice principale en robe de mariée (parmi les nombreuses références de Lars von Trier, on reconnaît ici Ophélia dans "Hamlet" de Shakespeare)
 



Pour finir, une série d'images du film lors du passage de la planète à côté de la Terre. Il y a beaucoup de jeux de lumière et c'est franchement magnifique. Veuillez m'excuser de la qualité plutôt mitigée de certaines. Dans le film, je crois que c'est la deuxième des trois qui m'a le plus séduit par sa beauté. Voilà =)

 



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MessagePosté le: Dim 10 Juin 2012 - 19:20    Sujet du message: Lars von Trier Répondre en citant

Tu m'as donné envie de visionner ces films. Merci. Okay
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MessagePosté le: Dim 10 Juin 2012 - 22:28    Sujet du message: Lars von Trier Répondre en citant

Content que ça ai marché et d'avoir réussit à te donner envie de le voir, Unita =) Après, je te conseille, si tu veux les voir dans un avenir proche, de débuter par "Melancholia" qui est moins dur pour une première entrée dans l'univers de Lars von Trier, et moins tourné vers l'excès que son prédécesseur. J'espère que tu ne penseras pas, après coup, que j'ai idolâtré ces films à tort, mais c'est vrai que là j'ai écrit à chaud et sans beaucoup de recul. Néanmoins je maintien : je les trouve géniaux. Bref, bon visionnage, quand tu auras le temps, bonne soirée et bonne semaine ! =) 

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MessagePosté le: Lun 11 Juin 2012 - 00:30    Sujet du message: Lars von Trier Répondre en citant

Je ne poste plus beaucoup ces derniers temps mais là, un topic sur Von Trier, mon réalisateur préféré, je ne peux pas résister ! 

Alors tout d'abord, je tiens à souligner que l'oeuvre de Von Trier, bien que très originale et marquée, est très très éclecltique. Elle a beaucoup évoluée, il expérimente constamment, est passé de périodes puristes où dans son film, aucune musique ou son ne devait être ajoutée artificiellement aux images, à Melancholia qui est particulièrement accès sur le génie du montage et des retouches d'images. 

J'ai vu 5 films de lui, que je vais essayer de vous raconter sans trop vous spoiler (même si les films de LVT ne sont pas "à suspens" car ils parlent tous d'une décadence se terminant très mal) :

--> Melancholia : l'histoire a été racontée par Hell-or-Heaven, je tiens juste à rajouter que pour moi, l'intérêt de ce film est dans le changement de point de vue par rapport aux blockbusters. Von Trier choisit volontairement un scénario catastrophe on-ne-peut-plus-cliché (la planète qui menace de s'écraser sur la Terre, fin du monde approche blablabla) et renverse totalement les attentes des spectateurs en tournant en huis clos sur une maison, habitée de trois personnages atypiques : Claire, Justine et le mari. Et du coup, tout est extrêmement lent, profond, alors que d'habitude ce genre d'intrigue laisse supposer des bains de foules, la panique générale, des cris, des buildings qui s'effondrent. Ici les protagonistes vivent isolés et chacun est face avec sa personnalité. 

--> Dogville : à mes yeux, le film le plus brillant du réalisateur. Grace (Nicole Kidman) joue la fille d'un gangster qui s'enfuit à pieds et atterrit dans un village (Dogville) qui semble paisible perché dans les collines. Elle n'a pas d'autres choix que d'y rester, re-descendre voudrait dire retourner avec son père qui la recherche activement. Pour gagner la confiance et mériter l'hospitalité des habitants de Dogville, Grace propose ses services et fait preuve de toute la bonne volonté du monde, mais elle découvre peu à peu la vraie nature de ses hôtes qui représentent tous les vices humains existants.
C'est une belle leçon sur l'humanité, on ne s'ennuie pas malgré les presque trois heures de film sans décors (les acteurs jouent sur une immense ardoise, avec un banc et deux chaises en gros), c'est brillamment joué, les scènes de violence sont tellement froides qu'elles rendent malade plus qu'elles ne choquent, c'est parfaitement maîtrisé.
Il existe une suite à ce film, Manderlay, que je n'ai pas vue. Si quelqu'un a un avis je suis preneuse.

--> Breaking the Waves : grosse déception, c'était un Von Trier, le synopsis étant alléchant, et pourtant... 
C'est l'histoire d'une jeune femme innocente et un peu attardée qui se marie, mais son homme a un accident de travaille faisant qu'il devient paralysé. Il lui demande alors d'aller faire l'amour à d'autres hommes et de venir lui raconter, pour qu'ils soient encore "ensemble" en quelque sorte.
C'était bien joué, l'histoire était dérangeante à souhait, mais il y a des longueurs, et surtout cinématographiquement parlant, les images ne sont pas aussi belles que d'habitudes. A une exception près : la scène justifiant le titre, avec ce hurlement sur les rochers où les vagues s'écrasent. 

--> Dancer in the Dark : on retrouve le même type de personnage central que dans Breaking the Waves, la jeune fille ingénue-débile (brillamment jouée par Björk), mais très attachante par sa foi en la vie et sa force mentale. Emigrée aux EU en provenance des pays de l'Est, elle est atteinte d'une maladie qui la rend progressivement aveugle qu'elle a transmise à son fils, alors elle se tue à la tache dans une usine pour récolter les fonds pour la future opération de son fils avant de devenir complétement inapte au travail. 
C'est une "comédie musicale" (en fait c'est un film normal, et quatre fois dans le film il y a une chanson :p) car Selma (la fille), pour supporter la dureté de son quotidien, s'imagine qu'elle est l'actrice principale d'une comédie musicale, que les bruits des machines de son usine sont des instruments de musique, et que comme dans les comédies musicales, tout se terminera forcément bien. 
C'est très émouvant, j'ai rarement autant pleuré devant un film, et mention spéciale pour la dernière scène qui est la scène de film la plus forte (émotion et coup de poing dans la gueule) que j'ai jamais vue. 

--> Antichrist : Hell-or-Heaven en a déjà parlé, moi je n'ai pas été choquée par l'aspect porno malgré les plans assez crus, car il n'est pas "meaningless". Toute la dépression, la "nymphomanie" (qui n'en est pas une!) de Charlotte Gainsbourg, est en rapport avec la mort de son fils qui est tombé par la fenêtre, sous ses yeux, alors qu'elle était en train de faire l'amour avec son mari. Si elle n'avait pas été prise dans la "passion charnelle", elle aurait eu le temps de l'arrêter car elle l'a vu monter sur la table, ouvrir la fenêtre, se pencher, et tomber. 
Et c'est pourquoi tout le film est centré sur le sexe, qui devient de plus en plus violent au fur et à mesure que la thérapie de Charlotte G avance. Comme dit au tout début du film : "You shouldn't underestimate Eden". Eden, le lieu de sa thérapie, ses angoisses profondes, sa culpabilité, sa haine de soi. 
Ce n'est pas juste un porno d'un auteur qui veut choquer, c'est bien plus profond que ça. 


Voilà donc mon avis sur Lars Von Trier, qui je pense fait trop parler de lui pour des frasques secondaires comme le "j'ai de la compassion pour Hitler" au festival de Cannes, et pas assez pour ses chefs d'oeuvre du cinéma. 

Vos "must watch" : Dancer in the Dark si vous êtes sensible, Antichrist si vous aimez psychanalyser, Dogville si vous aimez l'originalité et le désenchantement. 

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