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L'éducation

 
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Klooo
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Âge: 26

MessagePosté le: Mar 3 Déc 2013 - 20:04    Sujet du message: L'éducation Répondre en citant

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Éduquer : ex-ducere, littéralement "conduire hors de". Hors de l'enfance, en premier lieu...

Pour vous, quels sont les aspects les plus importants de l'éducation d'un enfant ? Pensez-vous plutôt qu'il faille accorder le plus d'importance possible à la parole et à l'avis de l'enfant ou qu'il faille lui imposer un cadre très strict qui ne laisse pas de place à la discussion ? Ou entre les deux ?

A votre avis, quel est le rôle de l'école dans l'éducation des enfants ? Quelles sont les différentes structures d'éducation ? Faut-il laisser toute liberté aux parents ou la société doit-elle leur imposer certaines limites ?

Quelles devraient-être les principales finalités de l'éducation ? Former des citoyens ? Former de futurs travailleurs ? Former des Hommes les plus libres et éclairés possible ? En caricaturant, éduquer, est-ce faire entrer le futur adulte dans un moule ou lui donner les moyens d'en sortir ? L'éducation doit-elle viser à la reproduction d'un modèle social ou à son évolution ?

A vos plumes ! Mr. Green

Je reproduis ici le débat qui a eu lieu dans le topic Aujourd'hui je pleure au sujet principalement du bien-fondé ou non des claques et des fessées et de l'évolution du système éducatif.

Unita a écrit:
Profondément choquée par cette histoire…

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20131114.OBS5469/traitee-…


le croc blanc de konoha a écrit:
C'est quand même fou... Le système éducatif est devenu quand même beaucoup trop laxiste, c'est comme cette histoire :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/11/22/01016-20131122ARTFIG0051…


Franchement, des gamins ça s'éduque, c'est pas des pauvres êtres innocents à qui il faut accorder tout et n'importe quoi, bordel ! Des bonnes claques dans la gueule, ça remet les idées en place.

Alors évidemment, il y aussi le fait, que de nos jours, la tendance à la dépression est quasiment à la page, c'est horrible.
Dans le cas de Marion, je ne dis pas que c'est la responsable évidemment. Mais bon, y'avait d'autres solutions plutôt que d'en arriver au suicide. C'est vraiment une époque de n'importe quoi...
Ca me fait vraiment penser à Mao Boy ! d'Indochine...

"Mais crois-moi
Comme toi aussi parfois j'ai peur
De la nuit dehors
De tout ce que tu vas découvrir
Ici la vie la mort
Crois-moi je n'en suis pas très fier"



Unita a écrit:
Alors là, je désapprouve totalement ton post, ou presque. Je le trouve très réducteur.

Déjà, l'usage de la violence est blâmable peu importe son objectif. Et les gifles pour "remettre les idées en place", déjà, ça rend l'enfant agressif sur le long terme et, en plus, plus tu cries, plus tu le gifles, plus il s'y habitue et moins ça lui fait de l'effet (des études l'ont prouvé). Ce n'est pas à coups de gifles que tu vas éduquer un enfant. Je ne dis pas non plus qu'il faut en faire un enfant-roi, un enfant a besoin de repères et d'un cadre précis dans lequel évoluer. Mais pas d'un cadre de violence.

Quant à l'école en général, je pense que Klooo, Marion et les autres qui sont profs pourront mieux que moi donner un point de vue sensé mais je trouve quand même que tu y vas un peu fort. L'école n'est pas censée éduquer l'enfant, c'est le rôle des parents, ça. Malgré elle, elle s'est trouvée face à cette aberration: les parents ne font pas leur travail, à ce niveau-là. Et quand je vois certains élèves que j'ai côtoyés, je vois mal comment l'école aurait pu mieux réagir, sauf peut-être en les excluant du système pour en faire des abrutis sans culture et ouverture d'esprit qui feront dealers. Je me souviens de tous ces gosses d'à peine 10 ans qui traitaient nos profs de "fils de p***", leur JETAIENT leurs cahiers à la figure...

Quant au suicide... qui sommes-nous pour déterminer si c'est un acte lâche, courageux ou même si d'autres alternatives existaient? Je pense qu'avec tout ce qu'elle a vécu dans cet établissement, l'envie de faire taire cette souffrance est compréhensible. Je ne dis pas qu'elle a eu raison, je dis juste que je la comprends. C'est souvent le genre d'aboutissements à ces histoires terribles, avec un autre scénario à la Bowling for Columbine.

Et la tendance à la dépression qui est à la mode, j'aimerais bien que tu m'expliques.
L'adolescence est une des pires périodes de la vie d'un être humain, c'est normal que des idées noires surviennent. De là à dire que c'est "in" d'en avoir, je suis moins sûre. Sauf peut-être si tu penses au mouvement gothique ou metal, par exemple, où la fascination morbide peut effectivement effrayer et en rajouter à la douleur de l'individu en question. Mais je ne suis pas convaincue qu'il s'agisse de mode, je pense plutôt que c'est un besoin d'appartenance qu'on essaie d'assouvir.



Klooo a écrit:
Croc Blanc, dans l'exemple que tu cites, il y a peut-être 90% de chances que l'élève en question soit atteint de troubles du comportement. Les claques ne seront d'absolument aucun effet bénéfique. Et les dérives qui ont eu lieu dans cette école sont exceptionnelles. Un élève qui se met en danger ou met les autres en danger, on ne le laisse pas dans le groupe sans rien faire, on trouve des solutions pour lui et pour les autres.

J'approuve totalement ce que dit Unita : on peut très bien éduquer un enfant sans claques, et absence de violence physique ne signifie pas du tout absence de cadre et d'autorité !

Quant au fait que le système éducatif serait devenu laxiste : il y a eu dans les années 1970 une période de permissivité dans l'éducation des enfants, que ce soit à l'école ou ailleurs, mais la tendance actuelle n'est plus celle-là.
D'ailleurs, en général, les parents tiennent la route. Je travaille dans un milieu dit difficile et "pourtant" les parents suivent de très près le travail et le comportement de leur enfant, ils les grondent, les punissent avec justesse, les obligent à leur obéir. Selon moi, le problème, c'est que beaucoup les laissent malgré tout regarder pas mal de conneries à la télé et que les enfants ne font pas du tout la part des choses.

L'école n'est pas censée éduquer l'enfant davantage que les parents mais elle ne peut par définition qu'y participer : c'est là que l'enfant apprendra à devenir un élève, à se comporter au sein d'un groupe, etc. Rien que le fait d'empêcher un élève de gêner le fonctionnement de la classe participe en soi à son éducation. Il n'y a pas d'instruction possible sans éducation et ce n'est pas nouveau, les enfants ne se sont jamais tenus parfaitement tranquilles en classe sans que l'enseignant ait besoin d'avoir de l'autorité, même il y a cent ou mille ans.

le croc blanc de konoha a écrit:
C'est vraiment une époque de n'importe quoi...

"Les gens" ont dit ça à toutes les époques. "Les gens" se sont plaint à toutes les époques que la nouvelle génération était mal élevée, y compris dans l'Antiquité et au Moyen-Age. Il y a beaucoup de "n'importe quoi" aujourd'hui mais je pense qu'il y en avait largement autant "avant" !



le croc blanc de konoha a écrit:
Quand je parle de mettre des baffes, il ne faut pas que ça devienne un acte "désintellectualisé", évidemment. Corriger physiquement à moindre mesure n'a jamais fait de mal, et franchement, ça aide à faire comprendre ses erreurs. J'ai reçu mon nombre de claques et de fessées, et je n'en veux pas du tout à mes parents pour ça, bien au contraire, ils ont bien fait d'appliquer ces punitions. C'est quelque chose d'utile dans l'éducation, les mots sont importants aussi, mais ne font pas tout.
Et je ne serais pas forcément contre une autorité plus stricte des professeurs envers les jeunes élèves, contrôlée évidemment. Parce que oui, c'est aux parents d'éduquer leurs enfants, mais franchement, un gamin passe quasiment plus de la moitié de son temps en compagnie de son professeur, donc ce dernier à quand même un rôle à jouer dans la façon d'apprendre au(x) gosse(s).

Après, ce môme a peut-être un problème de comportement extra-ordinaire, comme tu dis, Klooo. Mais le laisser en arriver là où c'est arrivé est un signe évident de laxisme.


C'est vrai qu'à chaque nouvelle génération, la précédente accable la nouvelle, et ce n'est sans doute pas faux. Mais si je dis ça, c'est parce que j'ai l'impression que de plus en plus, on tombe dans l'excès, avec un manque de contrôle évident. Je peux me tromper, et n'y voir là qu'une marque de vieillissement de ma part, mais bon...


Je comprends aussi par quoi est passée cette fille, Unita. J'ai connu ce genre de pensées, pour des raisons parfois similaires, ou d'autres. Je sais maintenant que c'est une erreur de se dire que c'est la seule solution. Mais encore une fois, je ne blâme pas cette fille de son acte, c'est juste triste que des gens de son entourage en soient responsables, alors que je pense que ça aurait pu être sinon évité, atténué, si une éducation plus réaliste et plus juste avait été appliquée envers ces gens.
Sinon, le suicide, je ne dirais pas si c'est lâche ou courageux, car je ne saurais vraiment pas dire. Sans doute un peu des deux. Il n'en reste pas moins que c'est un meurtre, et une souffrance infligée à ses proches.


Lorsque je disais que la dépression est quasiment devenu une tendance, c'est parce que j'ai déjà entendu dire qu'avoir une dépression de nos jours, à tout âge - parce que y'a pas que l'adolescence - était quelque chose de tout à fait banal, et qui se transforme en commerce.
Donc par tendance à la dépression à la page, j'entendais plus que c'était quelque chose qui semblerait s'attraper comme un simple rhume, dont on veut nous faire avoir pour nous faire dépenser de l'argent à le soigner. Je n'ai jamais dit que c'était "trop cool" de tomber en dépression.


Klooo a écrit:
le croc blanc de konoha a écrit:
Et je ne serais pas forcément contre une autorité plus stricte des professeurs envers les jeunes élèves, contrôlée évidemment. Parce que oui, c'est aux parents d'éduquer leurs enfants, mais franchement, un gamin passe quasiment plus de la moitié de son temps en compagnie de son professeur, donc ce dernier à quand même un rôle à jouer dans la façon d'apprendre au(x) gosse(s).


Pour la dernière phrase, c'est ce que je dis. Pour la première, j'ai l'impression que tu as une vision un peu faussée de ce qui se passe réellement : les enseignants ne sont pas laxistes (je parle du primaire, je n'ai pas connaissance du secondaire). Dans l'école où je suis, il n'y en a pas un seul qui le soit et ça n'a rien d'une exception.
Ils n'utilisent pas la force physique (et franchement, encore heureux... j'ai un élève qui se protège la tête avec ses mains et se recroqueville dès que je m'approche de lui, parfois : ça fait peur ! Alors qu'est-ce que ce serait si j'étais réellement susceptible de le frapper !) mais les élèves ne font absolument pas comme bon leur semble. Il y a un cadre strict, notamment en ce qui concerne le respect de l'adulte. Les élèves ne s'assoient pas avant que ce soit le silence total et que l'enseignant le leur dise, se lèvent quand le directeur entre dans la classe, sont envoyés faire le travail dans une autre classe ou dans le bureau du directeur s'ils empêchent la classe de fonctionner normalement, sont punis, etc. Et se font engueuler oralement, mais ce n'est pas ça qui a un réel effet (à part pour se défouler pour le prof...). Et tout ça se fait normalement en parallèle avec le plus possible d'empathie pour les élèves, car l'école est aussi là pour repérer le mal-être de certains, mais ce n'est pas simple.

L'autorité n'a rien à voir avec l'autoritarisme - d'ailleurs, il n'y a plus d'autorité quand on tombe dans l'autoritarisme. L'autorité, c'est se faire respecter sans recours à un rapport de force, simplement par la reconnaissance par l'enfant/l'élève de son statut d'enseignant et d'adulte, de son savoir (et éventuellement de son charisme, mais ça s'apprend).

Citation:
Mais le laisser en arriver là où c'est arrivé est un signe évident de laxisme.


La violence d'un enfant qui a un trouble du comportement n'a rien à voir avec du laxisme... C'est un handicap. Et je ne dis pas ça parce que la tendance actuelle est de chercher des excuses à tout le monde. Il y a dans mon école deux classes spécialisées pour les élèves atteints de troubles du comportement. Ils sont au maximum inclus dans les autres classes, mais franchement ce n'est évident pour personne. Ce sont des enfants qui alternent en général entre renfermement sur soi et énormes crises. Même pour leurs enseignants, pourtant spécialisés ET motivés, les méthodes sont à réinventer à chaque instant et chaque petit progrès de l'enfant est une victoire. Utiliser la violence n'aurait jamais aucun effet positif sur eux et ferait au contraire beaucoup de dégâts, les enfermant encore un peu plus en eux-mêmes.
Ce qui est anormal dans le cas que tu cites, c'est que cet élève ait eu les moyens de s'en prendre physiquement à d'autres sans qu'un adulte parvienne à le canaliser à temps. En revanche, s'il a bel et bien un problème particulier, son attitude n'a aucun lien avec son éducation. Si ce n'est pas le cas, alors c'est rarissime car les élèves de 8 ans, même les plus "caïds", sont en général loin d'oser s'en prendre physiquement à un enseignant.


Unita a écrit:
le croc blanc de konoha a écrit:
Corriger physiquement à moindre mesure n'a jamais fait de mal, et franchement, ça aide à faire comprendre ses erreurs.

C'est discutable. C'est très bien que cela ait eu l'effet escompté sur toi, que tu te sois malgré tout construit de manière admirable, que tu te portes bien. Mais tu n'es pas représentatif de tous les enfants éduqués aux claques. J'en connais beaucoup qui ont fini bien moins bien que toi et ont même intégré des automatismes violents qui leur semblaient tout à fait normaux et évidents. Si un parent n'est pas apte à fixer un cadre sans passer par la violence, quelle qu'elle soit, il a des lacunes à remplir, d'une manière ou d'une autre et je pense que tous les psychologues de l'enfance, les éducateurs et les médiateurs te tiendront le même discours. Tu dis même que tu ne parles pas de claques désintellectualisées mais j'aimerais bien savoir où tu vois que ce type d'actes est réfléchi, rationnel et construit. Il s'agit de gestes impulsifs, poussés par l'émotion du moment, on n'y a pas réfléchi toute la journée avant. Ce qui prouve bien que la punition n'est pas réfléchie.

Citation:
Par tendance à la dépression à la page, j'entendais plus que c'était quelque chose qui semblerait s'attraper comme un simple rhume, dont on veut nous faire avoir pour nous faire dépenser de l'argent à le soigner.

C'est un peu HS mais j'aimerais quand même réagir parce que c'est des remarques que j'entends souvent et, au vu des études demandées pour traiter le psychisme humain, j'aimerais quand même défendre un minimum mon domaine de formation. Il faut prendre conscience qu'il y a un contexte qui entre en ligne de compte dans la tendance actuelle. On est passés de l'idée reçue qui dit que "le psy, c'est pour les fous" à "le psy peut nous aider en cas de problème", ainsi que de "il faut avoir de grosses psychopathologies pour y avoir recours" à "le psy peut accompagner le patient sur de brèves durées, pour des problèmes spécifiques". Oui, on consulte davantage les psys, de nos jours. C'est d'abord parce que le monde a enfin compris que le psychisme avait son importance (par "le monde", j'entends aussi bien la biomédecine, le citoyen lambda que le marché du travail qui pensait rentabilité et productivité avant de penser bien-être et appartenance) dans la vie d'un individu. Alors oui, évidemment, il y a des abus indéniables en matière de soins, notamment à cause de l'émergence de cette sous-discipline appelée communément "développement personnel". Mais je ne peux pas laisser dire qu'aller consulter correspond à jeter de l'argent par la fenêtre: les études démontrent qu'une personne ayant suivi une thérapie se sent mieux ensuite que 80% des personnes qui n'en ont pas suivi une. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Il faut arrêter de croire que le psy est un commerçant. Et puis, il faut encore savoir de quel "psy" on parle, puisque tout le monde confond psychanalyste, psychologue, psychothérapeute, psychiatre et j'en passe mais c'est un autre débat.


le croc blanc de konoha a écrit:
@ Klooo : le laxisme ne s'applique pas nécessairement au corps enseignant, puisqu'ils suivent les directives qu'on leur donne. Je parlais plus au sens global du terme, pour l'éducation nationale. Maintenant, il est indéniable que certains professeurs ont plus d'autorité que d'autres, mais ça c'est une histoire de personnalité.

Quant au cas que tu cites, tant mieux si ça se passe bien chez toi, ça veut dire qu'il y a encore du respect, en majorité. Mais dans ma ville, il y a 4 écoles primaires, dont 3 où il y a souvent des problèmes de comportement, et où les punitions données à ces enfants sont contestées par les parents.
"Si mon fils a jeté son cahier par la fenêtre, c'est parce qu'il avait une raison, vous n'aviez pas à lui donner toutes ces lignes à copier !"

Quant aux problèmes du trouble du comportement, j'ai bien précisé, que peut-être cet enfant avait, comme tu disais, un problème réel, au quel cas il devrait être suivi autrement.
Mais donc, on est au moins d'accord sur le fait que ce n'est pas normal qu'il ait pu faire tout ce qu'il a fait jusque là.



@ Unita : Quand je parlais de "désintellectualisation" de l'acte, je voulais justement parler de ce que t'exposes. On peut tout à fait donner une baffe - ou une claque sur les cuisses ou les fesses si on veut éviter le contact au visage, ce que je peux comprendre - sans que ce soit un acte abruti et non réfléchi. Il faut pour cela bien expliquer à l'enfant pourquoi il a été puni ainsi.
Et à mon époque, les professeurs de primaire avaient encore le droit de faire pareil, et ce n'était pas un mal. Je me rappelle lorsque j'étais en CE1 ( désolé, je parle pour le système de grade français. Ca correspond à peu près à l'âge 7-8 ans), je me rappelle d'un enfant qui avait fouillé dans les affaires de la professeure, de façon malintentionnée. Quand elle avait vu ça, elle lui avait mis une claque, et à la sortie de l'école, quand ses parents l'ont appris, il s'en était pris une autre. Il n'était pas fier, et je pense que ça lui a fait du bien. En tout cas, tout le temps que je l'ai connu après, il n'a pas fait d'actes de ce genre ou pires.

Je veux donc dire qu'on peut punir physiquement, du moment que ça ne déborde pas sur de la violence gratuite, et que c'est bien expliqué à l'enfant la raison du geste.
Et je cotoie beaucoup de personnes âgés de plus de 30 ans, voire 60 ans qui ont été élevés de cette façon, et qui ne s'en plaignent pas du tout, et sont très stables.
Maintenant, évidemment, comme aujourd'hui on interdit de plus en plus l'usage de la réprimande physique, dès qu'on commence à le faire, ça devient un acte cruel, donc évidemment que l'enfant le prend mal...


Je n'ai pas dit que les psys c'étaient des nuls qui profitaient du système hein... Je dis juste que comme partout, il y a des charlatans, et que j'ai l'impression que de plus en plus, on tend vers un système qui veut se servir de cette médecine - comme la générale - pour la banaliser, l'affaiblissant, sur un plan large.


Klooo a écrit:
le croc blanc de konoha a écrit:
Et à mon époque, les professeurs de primaire avaient encore le droit de faire pareil, et ce n'était pas un mal. Je me rappelle lorsque j'étais en CE1


Les punitions corporelles sont interdites à l'école (publique à la base) depuis 1887, tolérées pendant un siècle et strictement interdites en 1991, donc avant que tu sois en CE1 a priori. Disons que l'enseignante dont tu parles a eu de la chance que les parents ne soient pas du genre à porter plainte (malheureusement, il y a de plus en plus de personnes qui le sont...) et que ça passe mieux qu'aujourd'hui.^^


le croc blanc de konoha a écrit:
Ah, je ne connaissais pas cette loi, qui datait d'il y a 2 siècles. Merci de l'information.

Mais c'est comme la loi des devoirs à la maison, pour le primaire, c'est interdit depuis 1950, quelque chose par là, et il y en a toujours. Enfin bon..



Klooo a écrit:
Oui, les devoirs écrits sont interdits depuis les années 50, et il y en a toujours, par contre à nous jeunes qui arrivons on nous interdit strictement d'en donner.
Sauf à la limite une fiche d'entraînement avant les contrôles.

Le problème avec les devoirs, c'est que dans les quartiers "privilégiés" beaucoup de parents assomment déjà leurs enfants de travail en plus des devoirs, et dans les quartiers "défavorisés" les devoirs écrits ne servent souvent à rien puisque ceux qui ont compris les font mais que ça n'a du coup pas grande utilité, et ceux qui n'ont pas compris ne peuvent pas les faire puisqu'il n'y a personne pour leur expliquer. Le seul bénéfice serait pour un élève qui n'a pas tout compris, qui a besoin d'entraînement, qui est motivé et que ses parents peuvent un minimum aider. A mon avis, cette interdiction n'est pas sans fondements mais elle n'est pas non plus la solution parfaite... ceci dit... y a suffisamment à faire avec les devoirs non-écrits, qui eux sont tout à fait autorisés (et pour lesquels les mêmes problèmes se posent, d'ailleurs).


ChLo a écrit:
Débat très intéressant ! Est-ce que je pourrais juste être éclairée sur la différence entre devoirs écrits et non-écrits ? ^^


Klooo a écrit:
Devoirs écrits : exercices à rendre par écrit à l'enseignant (faits dans un cahier de devoirs en général).
Devoirs non écrits : tout ce qui ne demande pas un rendu de quelque chose qui a été écrit à la maison, même s'ils peuvent écrire pour mieux apprendre. Leçons à apprendre, poèmes, lectures à préparer, listes de mots, petites recherches documentaires,...


Unita a écrit:
Pour moi (et pas que), la gifle n'est clairement pas un geste réfléchi, elle est donnée sous le coup de l'impulsion, de la frustration, de la colère du moment. Quant au fait d'expliquer à l'enfant pourquoi il a été puni, certes, mais donc on pourrait très bien lui donner une punition sans violence et lui expliquer le pourquoi du comment, la baffe n'est pas la seule alternative. Tu soulèves là la clef du problème: on doit expliquer les choses à l'enfant. Pourquoi on ne dit pas "t'es grosse" à l'épicière du coin, pourquoi on ne fouille pas dans le sac de sa prof, pourquoi on ne triche pas sur son voisin, pourquoi on ne traite pas son ami de "fils de p***"… le gifler, c'est juste se déresponsabiliser et éviter de se perdre dans les mots. C'est une manière de faire cesser l'action, c'est un geste. Or, l'éducation, c'est de la communication avant tout.

Citation:
Et je cotoie beaucoup de personnes âgés de plus de 30 ans, voire 60 ans qui ont été élevés de cette façon, et qui ne s'en plaignent pas du tout, et sont très stables.

On peut ne pas se plaindre de son éducation et se sentir très bien. Cela n'empêche pas que notre personnalité se forge entre 0 et 5 ans en grande majorité et que, donc, les expériences vécues pendant cette période sont primordiales et détermineront notre mode de fonctionnement. Je connais beaucoup de gens qui ont été élevés "de cette façon", comme tu dis, et qui ont ensuite fait la même chose avec leurs enfants. Sauf qu'ils l'ont fait de la même manière, c'est-à-dire, sous l'impulsion, à répétition parce qu'aucune punition rationnelle n'était choisie et ils ont intégré le fait que c'était "normal" d'agir ainsi. Je le sais car je fais partie de la troisième génération, celle qui a subi les conséquences de cette éducation à la dure ("parce que, de notre temps, on savait éduquer les gosses, aujourd'hui, on peut plus rien dire ni rien faire sans passer pour des bourreaux"). C'est une baffe pour un oui ou pour un non, une fessée à la moindre erreur. Et qu'est-ce que ça donne ensuite? La même chose. On hérite et on reproduit. Alors oui, tu peux me dire que ces personnes se sentent en pleine forme (et c'est sûrement vrai!) mais moi, je voudrais les voir en compagnie de leurs enfants, de leurs collègues, de leurs amis, de leurs conjoints, de leurs animaux domestiques, même. Ce n'est pas parce qu'on se sent bien qu'on a un comportement sain et qui profite à autrui. Ce n'est pas un hasard si la majorité des enfants abusés sexuellement ou maltraités reproduisent ce schéma: de victimes, ils passent à bourreaux parce que c'est le résultat d'un apprentissage, on leur a appris que c'est comme ça qu'on réglait les choses: une claque pour punir son enfant, une insulte pour faire taire sa femme, une petite tape sur la tête de son chien pour qu'il arrête d'aboyer, etc. Tout ce que l'on apprend, on l'intègre. Et si ce n'est pas un tant soit peu remis en question, retravaillé ou médité, il est facile de reproduire ce que l'on a vécu. Alors oui, peut-être que ces gens vivent très bien mais ce n'est pas la majorité des personnes concernées, à mon humble avis. Et je connais assez d'adultes qui ont été éduqués à la manière que tu juges juste pour être convaincue que ce n'est pas une solution, ni pour eux, ni pour leur prochain.


Citation:
Maintenant, évidemment, comme aujourd'hui on interdit de plus en plus l'usage de la réprimande physique, dès qu'on commence à le faire, ça devient un acte cruel

En effet mais t'es-tu demandé pourquoi? Parce que si une évidence est remise en question, c'est bien parce que le comportement n'est pas de l'ordre de la Nature, de l'essence, qu'on se rend bien compte que cela ne fonctionne pas comme il faudrait. Si ça marchait, ça serait rentré dans les normes ad aeternam.

_________________
"Apprendre à un enfant à ne pas marcher sur une chenille est aussi précieux pour l'enfant que pour la chenille." - Bradley Miller.
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Unita (04/12/13)
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:30    Sujet du message: L'éducation

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